Dans le monde des affaires, ce qu’on aperçoit dans le rétroviseur est toujours plus net que ce que l’on voit à travers le pare-brise.
– Warren Buffett
Comme plusieurs d’entre vous, nous profitons chez West Monroe, des dernières semaines de 2011 pour analyser les réalisations et les défis de cette année qui s’achève, retenant les leçons de ce que nous avons appris et les mettant en pratique dès maintenant afin que 2012 soit encore meilleur. Cet exercice annuel, effectué d’une manière ou d’une autre dans la plupart des entreprises du monde entier, ne se limite pas à une analyse introspective de ce que nous avons bien fait ou pourrions mieux faire, mais comporte aussi un examen des tendances de l’industrie et des changements économiques externes à notre environnement qui pourraient nous révéler un aperçu, voire une capacité de prédire de ce qui pourrait survenir dans les prochains mois. Cette compréhension globale du marché, que ce marché soit celui de notre propre cour ou du monde entier, nous aide à mieux aligner nos objectifs à la lumière de la réalité actuelle.
Cette dernière année aura multiplié les occasions de nous rappeler jusqu’à quel point nous vivons dans une société globalement interconnectée. Même si la plupart des cadres dirigeants d’aujourd’hui reconnaissent depuis des années que nous vivons dans une économie globalisée, 2011 n’aura pas manqué de nous en fournir quelques exemples des plus douloureux. Ainsi, la crise de la dette européenne, a créé des risques bien tangibles pour des pays externes à la zone euro, puisque plusieurs banques étrangères, incluant des banques américaines étaient exposées à ces risques. La menace d’un autre effondrement financier, même à l’extérieur du pays, pouvait causer un effet de panique chez les investisseurs qui décideront ou bien de ne pas investir ou encore de se débarrasser de leurs titres, affaiblissant encore plus le marché. Au niveau micro-économique, ceci renforce notre besoin d’aller bien au-delà de savoir où sont localisés investissements et partenaires de notre propre organisation, et, nous amène à prendre le temps de mieux analyser, comprendre et respecter jusqu’à quel point le reste du monde peut impacter massivement notre propre petit monde, pour le meilleur ou pour le pire.
Ce ne sont pas seulement les défauts de paiement et les marchés instables qui perturbent notre équilibre économique. En mars, le monde entier a pu observer un tremblement de terre, et le tsunami qui en résulta, dévaster la côte nord-est du Japon. Les répercussions de ce désastre se sont étendues bien au-delà de cette nation insulaire et ont perturbé les chaînes d’approvisionnement du monde entier. Le réseau complexe des manufacturiers et des distributeurs dépasse bien largement frontières, océans et hémisphères, créant ainsi un flux continu et quasi imperceptible de pièces et de fournitures gardant nos usines en marche et nos tablettes remplies de toutes ces « choses-sans-lesquelles-nous-ne-pourrions-vivre ». Les effets subséquents du tsunami, incluant la fermeture temporaire d’usines situées un peu partout dans le monde, nous forcent à nous demander comment nous pourrions gérer une autre interruption de toute cette mécanique. Quelles sont les leçons que nous avons retenues de tout cela et qui nous aiderons à garder cette chaîne d’approvisionnement en bonne marche, perturbant le moins possible la production, dans l’hypothèse où une autre catastrophe de cette taille surviendrait encore ?
Aussi dévastateur que ces événements aient étés, ils nous enseignent de ne pas nous enfermer dans notre propre vision, parfois bien myope, du monde et de notre place dans ce monde. Au lieu de bâtir des murs pour nous protéger et protéger nos intérêts, nous devrions rechercher cette sorte de sagesse qui nous permet de comprendre les effets globaux, potentiellement éloignés, de même que les impacts sur la vie de tous les jours, que nos décisions et actions peuvent avoir. Plus que jamais, pour créer une société productive, il nous faut cultiver cette synergie qui existe entre tous les pays du monde et qui est tellement dépendante du commerce extérieur, des exportations, du financement et des ressources off-shore.
Je ne dispose pas d’une boule de cristal pour entrevoir le futur et savoir ce que l’avenir nous réserve. Et même si j’ai souhaité bien des fois en avoir une, je sais qu’une des raisons pour lesquelles j’aime tant mon travail c’est qu’il me force à élargir mes horizons dans les temps difficiles et dans les circonstances éprouvantes. Toutefois, ce dont je dispose, c’est cette perspicacité que j’ai pu développer à partir de mes expériences et de la qualité supérieure des gens dont je me suis entouré, collègues autant que clients, et qui me guident dans ce futur. Notre succès à tous, parfois chargé de moments de doute et de démarche incertaine, devient bien plus assuré quand nous progressons constamment avec une vue nette de ce qui est en avant et en arrière de nous.
Cordialement,
Dean